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« Thanatos » (2015-2019)

Dans Thanatos, Anthony Mirial plonge dans la part nocturne de l’âme, là où les corps se défont, se dédoublent, et glissent vers un seuil que l’image seule parvient encore à retenir.
La série s’inscrit dans un dialogue silencieux avec la peinture classique : fragments d’anges, voiles, vanités… autant de réminiscences qui se superposent à la photographie pour faire surgir une zone frontière où les temporalités se confondent. Ici, la chair contemporaine rencontre la mémoire picturale, se laisse envahir, traverser, effacer.

Le noir et blanc devient matière spirituelle. Il n’éclaire pas : il révèle les strates du visible, les apparitions, les spectres, les traces du sacré que Mirial poursuit depuis ses débuts. Chaque image semble naître d’un souffle interrompu, d’un battement fragile entre présence et disparition. Les visages se dissolvent, les corps vacillent, comme si la photographie captait l’ultime vibration avant l’effondrement.

Thanatos n’est pas une célébration de la mort, mais une exploration de son territoire intime, celui où se déploient nos peurs, nos désirs, et cette zone obscure que chacun porte en soi. Une méditation visuelle sur la finitude, sur ce qui persiste après la chute : l’ombre, l’âme en suspens.

À travers ces figures brouillées, ces superpositions et effacements, Anthony Mirial interroge ce que l’image peut encore sauver, ou perdre, de nos métamorphoses intérieures.
Un voyage au bord du visible, là où la mort n’est plus un événement, mais une présence qui chuchote.

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