Anthony Mirial (Nice, 1989-)
Les premières années de travail d’Anthony Mirial sont profondément marquées par une esthétique brute et nocturne. Autodidacte, il débute la photographie dans les parkings souterrains des cités universitaires qu’il fréquente, où la seule lumière d’un néon devient son outil principal. Sans matériel de studio, il invente un langage instinctif, imprégné d’un néo-caravagisme contemporain. Le corps, d’abord celui de ses amis, devient simultanément témoin, support et surface d’inscription.
Très tôt, Mirial détourne le nu et le « rhabille » de vitraux, de fragments d’œuvres classiques ou de collages photographiques. De ces hybridations émergent des images où l’esthétique répond à des enjeux sociaux et symboliques : droits des femmes, liberté, religion, mémoire collective. Ce premier cycle pose déjà les fondations de ce qui deviendra son axe majeur : la recherche des traces du sacré, de l’aura, de l’âme.
Anthony Mirial développe désormais une pratique tournée vers l’invisible, ce qui échappe, ce qui reste lorsque l’image vacille. Son œuvre s’articule autour d’une question centrale : comment photographier ce qui n’a pas de forme ?
Passants, voyageurs, noctambules, Mirial prélève des fragments du réel dans la rue, le métro ou au fil de ses voyages, puis les transforme par couches, superpositions, effacement ou changements chromatiques. Il ne capture pas seulement des silhouettes : il cherche la vibration, la présence, la rémanence, les traces du sacré dans le quotidien, les empreintes de l’aura autour des corps, les signaux fugitifs de l’âme.
Ses séries déclinent cette quête : mémoire collective (Tourists), altération chromatique (Chromatōn), mythologie et transcendance (Mythos), disparition (Thanatos), zones invisibles de l’esprit. Travaillant par strates, optiques, numériques, plastiques,Mirial brouille les frontières entre apparition et effacement.
Le corps devient signe, icône, relique contemporaine ; le réel, un matériau malléable offert à la transformation.
Installé au 109 à Nice, il poursuit une démarche entre errance urbaine, voyages et introspection. Son travail a été présenté dans de nombreuses foires et galeries internationales, notamment Londres (StART Art Fair – Saatchi Gallery), Miami (Art Wynwood, Art Palm Beach), Bâle (Scope Basel), Paris (Fotofever, Paris Photodoc, Slick Off FIAC, Galerie Mark Hachem)…
Aujourd’hui, Mirial se définit comme un photographe de l’invisible : celui qui cherche moins à montrer qu’à révéler les couches sensibles, spirituelles et secrètes qui traversent le monde et les corps.

















