ABOUT

 

 Anthony MIRIAL (1989, Nice) est un photographe plasticien autodidacte. Il vit et travaille entre Nice et Paris. Mirial se sert du corps comme témoin mais surtout comme d'une feuille de papier, le renvoyant à sa première passion : le dessin. Il y couche ainsi ses craintes, ses désirs et ses idées... Ces corps nus, il les « collectionne », et au gré des inspirations, leur offre un message à délivrer...C'est alors la naissance d'un nouveau tableau. Sa démarche est toujours très personnelle, cherchant constamment à imposer ses propres techniques telle que la photographie souterraine, et utilisant en tant que seule lumière le néon, rejeté par les photographes.
Mais la photographie n'est qu'un médium pour cet artiste autant préoccupé par le message et l'émotion que par l'esthétique. La finalité de l'œuvre ne se limite ainsi pas à son graphisme. Elle ouvre une porte vers un univers imaginaire, un mirage, peut être la réminiscence d'un rêve oublié. 

 

 

Texte du catalogue de l'exposition Néons, Galerie Maud Barral, Nice Sept 2013. 

 

"Dès la première rencontre avec les photos d’Anthony Mirial, le spectateur oublie le photographe pour se plonger dans un autre Monde, un cocktail subtil dont il faut décoder les signes. Un face a face s’opère alors entre ces corps simplement vêtus de tatouages. Mais seraient-ce plutôt des peintures sur peaux ou l’empreinte du soleil sur un vitrail ?

 La finalité de l’œuvre ne se limite pas à son graphisme, elle ouvre une porte sur un univers imaginaire, un mirage, peut être la réminiscence d’un rêve oublié.

 Si l’art est un médium qui permet de s’envoler dans l’éther céleste ; le pari est réussi.

 Pourtant le « nu sacré » est un thème délicat aux limites du blasphème. Mais Anthony Mirial aime et respecte l’eternel féminin. Il le masque dans sa pudeur à la manière de ces scènes religieuses du XVIIIème siècle rhabillées dans le puritanisme de la fin du XIXème.

 Anthony Mirial est à l’aube de sa vie d’artiste. Il fait preuve d’une grande fécondité artistique. L’originalité de son approche laisse présager une vraie trace sur le fil de l’histoire de la photographie au XXI siècle."

 

Hubert Konrad

Co-fondateur Art Price

 

"La passion de Mirial" , Texte de l'exposition Sacrés Corps, galerie Lab 44 Paris 2015


 Si l’Art pour Anthony Mirial est de «prendre une claque» on en prend plus d’une à regarder son travail ! A commencer par celle d’être confronté à un véritable talent qui vous subjugue par la beauté plastique de son œuvre, vous étonne par la richesse de ses références culturelles, et vous gifle par les thèmes sociétaux et sacrés qui l’interpellent et qu’il nous montre avec une relecture totalement personnelle et extraordinairement contemporaine.

Au bout de son objectif Anthony Mirial piétine, avec provocation, tous les poncifs d’un esthétisme bien-pensant. N’en déplaise à tous ces diktats d’idéologies voulant réduire la femme à un objet de procréation et de jouissance sexuelle. Dans des lieux déshumanisés, créateurs de fantasmes, qui engendrent un sentiment de peur et d’insécurité quand ils sont plongés dans le noir, Mirial photographie les corps nus de ses modèles à la lumière crue du néon. Et ce qui ne pourrait être alors qu’une photo de nu, comme il en existe tant d’autres, est soumis au travail de l’artiste qui joue avec la peau. Le photographe la rhabille de sa sensibilité si particulière, à la manière d’un tatoueur à coups de motifs ou de vitraux.

 

La claque on ne manquera pas non plus de la prendre en se cognant contre ces représentations de paradis artificiels de « KILL BY THE GODS » avec ces corps nus entrelacés au pied d’un triptyque religieux, ou « OVERDOSE » où les âmes droguées semblent en extase dans leur sommeil. La « FEMME BATTUE » dissimulant les traces de son visage, la « FEMME BRULEE » dont la chair se consume sous nos yeux, ou la « FEMME MODERNE » aux lèvres cousues et contrainte de masquer son identité de femme, nous ramènent à cette réalité tellement dérangeante de la condition dramatique de la femme non seulement dans d’autres civilisations, mais aussi dans la nôtre que nous affirmons pourtant comme un modèle d’évolution et de modernité. L’opposition évidente du divin et de l’humain, des dogmes religieux et des jouissances charnelles, du sacré et du profane, du monde raisonnable et des paradis artificiels qui sont les préoccupations de Mirial, et qu’il nous expose avec provocation, est d’autant plus dérangeante que l’époque est trouble et les droits à la liberté individuelle de penser et d’exprimer menacés.

 

Anthony Mirial, né à l’aube de ce XXIe siècle, ne pratique pas le blasphème. Il montre dans sa réalité la plus cruelle ce que le détournement du sacré par des fanatiques et des politiques folles ou aveugles peut entraîner d’actes blasphématoires, atroces, menaçant le développement et l’avenir de l’humanité.

D’une beauté époustouflante, d’une grande sensibilité, pleine d’émotion à fleur de peau et d’entrailles, son œuvre tient un langage vrai, extraordinairement contemporain, qui nous claque le regard et la pensée convenue, et marque déjà de son empreinte si particulière l’histoire de l’art de notre époque.

 

Simone Dibo-Cohen

Présidente de l'UMAM